Fourrer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle, forrer. Probablement dérivé de l'ancien français fuerre .
I. Doubler, garnir.
1. Doubler, garnir extérieurement. Fourrer d'hermine une robe de magistrat. . Fourrer un câble, un cordage, l'entourer d'une fourrure, d'un revêtement de bandes de toile goudronnée ou d'un manchon en plastique, afin de le protéger des frottements ou de l'humidité. Mailloche à
2. Doubler, garnir intérieurement. Fourrer un manteau de martre, de petit-gris. Fourrer des gants. Fourrer un gâteau de confiture, des bonbons de liqueur, des chocolats d'une crème. Fourrer des faîtières, en garnir de plâtre le dessous, pour les fixer.
3. Spécialt. Fourrer une monnaie, une médaille, recouvrir d'un placage d'argent ou d'or un flan de métal vil avant de le frapper ; altérer une monnaie, une médaille, en l'évidant pour substituer un métal vil à l'or, à l'argent.
II. Fam. Faire entrer, mettre.
1. Introduire, glisser, faire pénétrer. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son doigt dans un trou. Il s'est fourré une épine, une écharde dans le doigt. Pron. Le chat s'est fourré sous un lit. Où s'est-il donc fourré ? où se cache-t-il ? Par exag. Il est toujours fourré chez eux, il s'y rend dès qu'il le peut. Fig. Se mettre dans un embarras. Où me suis-je encore fourré ? Expr. fig. Se
2. Placer, mettre en quelque endroit, parmi d'autres choses, sans ordre, sans soin, sans ménagement. Il aura fourré cela dans un coin, derrière un meuble. Fourrer des papiers dans un tiroir, des vêtements dans une malle. Où ai-je fourré mes lunettes ? Fourrer quelqu'un en prison, au cachot, l'incarcérer de manière plus ou moins brutale. Fig. Insérer hors de propos. Il a fourré en vrac dans son devoir tout ce qu'il savait. Expr. fig. Fourrer tout le monde dans le même sac, porter indistinctement sur tout le monde le même jugement défavorable. Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête, dans le crâne de quelqu'un, parvenir à le lui faire accroire, à l'en persuader. Qui a pu lui
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Introduire, faire entrer, placer en quelque endroit, mettre parmi d'autres choses. "Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son bras dans un trou. Cette étoffe, cette tapisserie est toute perdue, il y a des trous à y
Fig. et fam., "Où me suis-je fourré?" Dans quel embarras me suis-je mis? Dans quel piège suis-je tombé? On dit aussi "Se
Fig. et fam., "Fourrer son nez où l'on n'a que faire," Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue "Fourrer son nez partout."
Fig. et fam., "Chercher quelque trou à se
Fig. et fam., "Ne savoir où se
Fig. et fam., "Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un," Parvenir à lui faire comprendre quelque chose. "Il est si sot, qu'on ne saurait lui rien
Il signifie, par extension, Donner avec excès et sans réflexion. "Elle gâte cet enfant, elle lui fourre des sucreries à le rendre malade."
Fig. et fam., "S'en
Il signifie aussi figurément et familièrement Insérer hors de propos. "Fourrer un tas de digressions dans un récit. Il a fait un livre où il a fourré tout ce qu'il savait."
Il signifie en outre Garnir, doubler de peau avec le poil. "Fourrer une robe de martre. Fourrer d'hermine. Fourrer de petit-gris. Gants fourrés. Manteau fourré."
"Chat fourré" se dit par plaisanterie des Magistrats revêtus de leur hermine.
Le participe passé s'emploie comme adjectif dans les locutions suivantes :
"Langues fourrées," Langues de boeuf, de porc, de mouton, recouvertes d'une autre peau que la leur, et avec laquelle on les fait cuire.
"Pain fourré, bonbon fourré," Pain, bonbon garni intérieurement de quelque autre comestible.
"Médaille, pièce de monnaie fourrée," Médaille, pièce de monnaie dont le dessus est d'or ou d'argent, et le dedans d'un métal inférieur. "Cette pièce d'or, d'argent est fourrée."
"Botte de paille, botte de foin fourrée," Botte dans laquelle, parmi de bonne paille ou de bon foin, on a mêlé de la paille ou du foin de moindre qualité.
En termes d'Escrime, "Coup fourré." Voyez
Fig. et fam., "Paix fourrée," Fausse paix, faite de mauvaise foi par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre, lorsqu'elle le croira utile à ses intérêts.
"Pays fourré," Pays rempli de bois, de haies, etc. "L'armée se trouvait dans un pays fourré."
"Bois fourré," Bois qui est fort garni de broussailles et d'épines. Voyez
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Garnir, doubler de fourrure. Fourrer un manteau d'hermine.
2 Terme de monnayage. Couvrir avec des lames d'or et d'argent soudées par les bords un flan qu'on passe ensuite dans les fers pour le monnayer. Fourrer une médaille.
3 Terme de construction. Garnir de plâtre et de tuileau le dessous des faîtières pour les affermir.
4 Terme de marine.
JAL: « Envelopper une corde quelconque de bandes de toile goudronnée et de tresses, ou seulement de tours pressés et serrés de bitord ou de fil caret pour la garantir du frottement »
5 Donner avec excès, sans discrétion (comme si on garnissait outre mesure de ce qui enveloppe). Elle lui fourre toujours à manger. Cette mère fourre toujours en cachette de l'argent à son fils.
6 Mettre dans un endroit creux, caché (comme qui dirait mettre dans un fourreau). Fourrez cela dans votre poche. Il aura fourré cela dans un coin.
VOLT.: « Fourre-lui encore les cinq cents autres guinées dans sa valise »
Fig. Il a bien fourré de la paille dans ses souliers, il s'est beaucoup enrichi.
Fig. et populairement. Fourrer tout dans son ventre, dissiper ce qu'on a en bombances.
7 Introduire, mettre dans (sens qui dérive du sens précédent). Fourrer son bras dans un trou.
BÉRANG.: « Il laisse
Fig. et familièrement. Fourrer son nez où on n'a que faire, se mêler indiscrètement de quelque chose.
On dit de même :
Fourrer en prison, emprisonner.
VOLT.: « J'ai une aversion mortelle pour la prison ; je suis malade ; un air enfermé m'aurait tué ; on m'aurait peut-être fourré dans un cachot »
VOLT.: « Eh bien, monsieur, si vous aviez été ministre à Constantinople, au lieu de l'être à la Haye, vous auriez donc été fourré aux sept tours ? »
BÉRANG.: « Le clergé, remis en train, En prison pourrait peut-être Fourrer l'auteur du Lutrin »
Fig. Fourrer dans l'esprit, mettre dans l'esprit.
HAMILT.: « Le diable lui fourrait dans l'esprit ce qu'il y avait de plus sensible »
BEAUMARCHAIS: « Qu'on me dise qui diable lui a fourré dans la tête de ne plus vouloir prendre leçon de don Bazile ? »
Fourrer une chose dans la tête, dans l'esprit de quelqu'un, la lui faire comprendre. On ne peut rien lui
Fourrer dans l'esprit, infatuer d'une chose. Qui a pu lui
Se
HAMILT.: « Quelle créature il s'était fourrée dans la tête pour en faire sa femme »
8 Introduire quelqu'un dans une maison, dans une administration, l'engager dans une affaire. On l'a fourré dans les compagnies des chemins de fer.
VOLT.: « On aurait beaucoup mieux fait de prendre ce parti que d'aller
9 Insérer, et surtout insérer mal à propos. Il fourre toujours du latin dans ses discours.
BOSSUET: « Les protestants, qui fourrent partout, si l'on me permet de parler ainsi, leur synecdoche [au sujet de la communion sous les deux espèces] »
VOLT.: « Que Merlin ne fourre pas mon nom à la bagatelle que je lui ai donnée »
VOLT.: « On m'apprend qu'il a fourré une lettre de moi dans le Mercure ; je ne sais si c'est celle dont je vous parle »
DIDER.: « Ce peintre n'a que deux ou trois têtes qui roulent dans la sienne et qu'il fourre partout »
10 Se
BOILEAU: « Y voit-on des savants en droit, en médecine, Endosser l'écarlate et se
11 Se mettre, se placer.
MOL.: « Ah ! traître que tu es, où t'es-tu donc allé
SAINT-SIMON: « Plus de place, tout de force et de nécessité ; on se fourrait où on pouvait »
VOLT.: « Le diable se fourre partout depuis longtemps »
Fig. Il cherche quelque trou où se
Il est si honteux qu'il ne sait où se
12 Fig. S'introduire, s'entremettre.
VOIT.: « On s'est imaginé que je me
MOL.: « Vous êtes un sot de venir vous
HAMILT.: « Ces gens-là se fourrent partout »
SAINT-SIMON: « Avec ces talents et d'autres plus cachés, utiles à la galanterie, il [la Vauguyon] se fourra chez Mme de Beauvais »
J. J. ROUSS.: « J'avais peine à concilier cette grande simplicité avec le désir et l'art qu'il avait de se
HISTORIQUE
XIIIème siècle
Hist. occid. des croisades, t. I, p. 370: L'empereres envoia au soudan por faire pes forrée
Lai du trot: Et lor panel tot altresi Estoient de paille fori
Ren. 3194: Renart si li forre souvent Autresi con s'il fust à feste
la Rose, 398: Si ot [Vieillesse] d'une chape forrée Abrié et vestu son corps
XIVème siècle
Ord. des rois de Fr. t. II, p. 225: Fourrer la paume [garnir la main, donner de l'argent]
XVème siècle
VALLET DE VIRIVILLE: « Je me doute que ce ne fust pais fourrée ou par crainte »
EUST. DESCH.: « ... qu'uns homs soit bien vestus et forrés, Et qui sache faire un petit le grant, On ly dira : sires, passez avant, Pour son habit, et c'est ce qui me tue »
EUST. DESCH.: « Du conseil a chascun s'oppinion ; Tuit dient bien ; mais, quant vient au servir, D'executer nul n'y a vision ; Leur consaulx est de fourrée pelice »
Patelin: Or dea, il ne m'a pas vendu à mon mot, ce a esté au sien : Mais il sera payé au mien, Il luy fault or : on le luy fourre
XVIème siècle
MAROT: « .... Et des abus dont l'Eglise est fourrée, J'en parlerois, mais garde la bourrée »
MONT.: « Comme on se fourre souvent aux tables ouvertes des grands »
MONT.: « Fourrant sa teste dans un noeud courant »
MONT.: « Luy ayant fourré dans son lict Laïs »
AMYOT: « Et de peur que ses freres en montant ne feissent bruit, elle la [l'échelle] couvrit et fourra de laine, premier que de la devaller »
AMYOT: « Il luy fourra le fer de sa javeline par dedans la visiere de son armet, et le tua »
AMYOT: « Il desgaina son espée, et se la fourra à soy mesme tout au travers du corps »
AMYOT: « Il alloit souvent ouvrir et visiter mes coffres, pour veoir si ma mere y auroit rien fourré de friandise et de superfluité »
D'AUB.: « On les faisoit souvenir du passé pour
D'AUB.: « Autres disoient qu'un serment fourré sentoit l'infidelité »
BRANT.: « S'estans transpercez les visages par coups fourrez (comme de ces temps on usoit de ces mots), tous deux tomberent »
GARASSE: « Tous les auteurs qu'il a leu sont ou schismatiques ou heretiques formels, ou libertins que j'appelle heretiques fourrés »
ÉTYMOLOGIE
L'ancien français fuere, qui signifiait fourreau, enveloppe (voy. FOURREAU) ; de sorte que
VILLEH.: « Ce mot avait aussi dans l'ancien français le sens de fourrager : Nus marcheans nes [ne les] povoit sivre, ne il ne pooient aler
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Introduire, faire entrer, placer en quelque endroit, mettre parmi d'autres choses. "Fourrer les bras dans le lit. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son bras dans un trou. Cette étoffe, cette tapisserie est toute perdue, il y a des trous à y
Fig. et pop., "Fourrer tout dans son ventre," Dépenser, dissiper tout ce qu'on a, pour satisfaire sa gourmandise.
Fig. et fam., "Fourrer son nez où l'on n'a que faire," Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue, "Fourrer son nez partout."
Fig. et fam., "Chercher quelque trou à se
Fig. et fam., "Ne savoir où se
Fig. et fam., "Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un," Parvenir à lui faire comprendre quelque chose. "Il est si stupide, si hébété, qu'on ne saurait lui rien
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie, par extension, Donner avec excès et sans réflexion. "Elle gâte cet enfant, elle lui fourre toujours à manger. Cette mère fourre toujours en cachette de l'argent à son fils."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi figurément, Insérer hors de propos. "Fourrer quelque chose dans son discours. Il a fait un livre où il a fourré tout ce qu'il savait. Il fourre toujours du latin dans ses plaidoyers, des proverbes dans la conversation."
Il signifie encore figurément, Introduire quelqu'un dans une maison, dans une société, etc.; ou Le faire entrer, l'engager dans une affaire. On le prend ordinairement en mauvaise part. "Je ne sais qui l'a fourré dans cette maison, dans cette affaire."
Il s'emploie, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. "Il se fourre partout. Il se fourre à la cour. Il se fourre dans toutes les compagnies. Il est allé se
Dans toutes les acceptions qui précèdent, ce verbe est familier.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie en outre, Garnir, doubler de peau avec le poil. "Fourrer une robe de martre. Fourrer d'hermine. Fourrer de petit-gris."
Il signifie aussi, avec le pronom personnel, Se vêtir chaudement. "Il s'est bien fourré. Il faut se bien
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Fou-ré": "r" forte; 2e "é" fer. Devant l'"e" muet~, "ou" est long: il "foûrre"; "foûrrera".] Mettre en quelque endroit parmi d'aûtre chôses. '"Fourrez ces" livres "avec" les aûtres. '"Fourrez" cela "dans" l'armoire. 'Il "lui a fourré son" épée "dans" le ventre.
- 2°. Insérer hors de propôs. 'Il "foûrre" toujours des Proverbes "dans" son discours.
- 3°. "Fourrer dans" l'esprit, "dans" la tête de... 'On eut de la peine à "lui
- 4°. Introduire. 'Qui "l'a fourré dans" cette maison, "dans" cette afaire. 'Il "se foûrre" par tout. On ne le dit que pour blàmer. "Proverbialement", il "fourre son nez" par tout. 'Pourquoi vient-il "
FOURRER, garnir de fourrûre. '"Fourrer une" robe "de" martre, "d'"hermine, etc. "Se
FOURRÉ, ÉE, adj. Pays "fourré", garni de bois, de haies. = "Coups fourrés", au "propre", coups donés et reçus en même tems; au "figuré", mauvais ofices réciproques.
- "Coup fourré", au singulier, mauvais ofice caché, dont on ne se défie pas. = "Paix fourrée", paix, reconciliation feinte. = En style "proverbial", homme "fourré de malice", fort malicieux. '"Inocent fourré de malice;" homme qui paraît simple, et qui est fin et malicieux.
"Rem." "Fourrer" n'est suportable que dans le style très-familier, ou critique ou comique. On le voit avec peine employé dans des matières grâves et sérieûses. 'Je crois "avoir fourré" ici de quoi vous doner conaissance du point historique. "Leibnitz". 'On vouloit empêcher les livres apocriphes de "se
- Cette expression jûre avec le ton sérieux de ces ouvrages.
Emplacement dans le dictionnaire :
| fournissement fournisseur fourniture fourrage fourrager fourragere fourre | fourré fourreau fourrier fourriere fourrière fourrure | fourvoyer foutoir foutre foutu fox-terrier foyer foyers |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile ZOLA (La Débâcle)...de là dedans, et de la vaisselle d'argent, et des bouteilles de vin, et des paniers de provisions et du beau linge, et de tout ! Pendant deux heures, ça n'a pas arrêté. Je me demande où ils ont pu fourrer tant de choses, car la maison n'est pas grande... regardez, regardez ! En ont-ils allumé, un feu, dans la cuisine ! Il regardait la petite maison blanche, à deux étages, qui faisait l'angle de la...
Citation n°2 de CHAMPFLEURY (Les Bourgeois de Molinchart)
...s'emparer de la décoration. La mère qui était un peu complice de l'enfant, se recula de telle sorte que l'avoué, séparé par la table, ne put atteindre l'enfant ; celui-ci s'était mis immédiatement à fourrer le thermomètre dans sa bouche. -arrêtez ! S'écria l'avoué ; il va casser le verre : c'est du poison. à ce mot, l'aubergiste se leva de table. -qu'est-ce qu'il y a donc ? Dit-il en jurant. -du poison...
Citation n°3 de Albert GLATIGNY (Le Fer rouge)
...allemand peut se croire perdu, crier miséricorde, et tendre un cou docile et soumis à la corde. Ils ne comprennent pas que la rébellion souffle en chaque poitrine une âme de lion ; ils ne peuvent fourrer dans leur cervelle obtuse qu'on puisse mettre en jeu ces grands moyens dont use un peuple qui défend ses droits et son foyer ; ils s'étonnent de voir notre main déployer l'étendard rayonnant des...
Citation n°4 de Eugène SUE (Atar-Gull)
...les fers, les menottes ; que tout cela soit propre, convenable, décent ; enfin qu'ils se trouvent ici comme chez eux... ou à peu après. -n'y a pas de soin, capitaine, ça sera gréé à donner envie d'y fourrer les pieds et les mains ; je vais faire balayer le lit de ces messieurs, et il faudra qu'ils soient bien difficiles s'ils ne sont pas contents ; car les draps ne feront pas de plis, je vous jure....
Citation n°5 de Louis REYBAUD (Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale)
...entre cinq et huit ans, apprenaient là, entre autres notions essentielles, qu'un être policé ne marche pas sur les genoux, et que le dernier mot de la civilisation humaine ne consiste pas à se fourrer obstinément les doigts dans le nez. L'instituteur dressait ces jeunes sauvages, et leur donnait à dévorer les pommes vertes de son jardin. Quelques éducations brillantes en ce genre lui firent un...
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